« Si un individu s’expose avec sincérité, tout le monde, plus ou moins, se trouve mis en jeu. Impossible de faire la lumière sur sa vie sans éclairer, ici ou là, celles des autres »
Simone de Beauvoir – La force de l’âge
« L’information est le seul bien qu’on puisse donner à quelqu’un sans s'en déposséder. »
Thomas Jefferson,
l’un des rédacteurs de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

De l'esprit des lois (1748)

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Charles de Secondat, baron de Montesquieu

28 juillet 2010

8/ Le beau vice : Carole Roussopoulos, la vidéo "out" par Elisabeth Lebovici

Elisabeth Lebovici
Le coffret consacré à Carole Roussopoulos (1945-2009) est sorti. Outre son livret de textes, il contient un DVD de six films qui sont autant de moments jouissifs ou plutôt, qui montrent, chacun un format et une forme de jouissance c'est-à-dire un plan et un temps de parole libérés (en anglais: "empowerment").
A ce moment, quelqu'une trouve sa parole en direct et la donne en partage. Qu'il s'agisse de Jean Genêt répétant trois fois un texte qui mange et avale toutes les formes sociales pour faire mieux durer le combat d'Angela Davis ; de l'intarrissable militante du Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, de ses copains, ou du rire hénissant d'un des participants à la réunion du FHAR à Vincennes ; de Monique, puis de Monique et Christiane, deux "Lip" (l'usine en grève, qui a relancé la production de montres autogérée) articulant en direct ce que fait le féminisme aux luttes révolutionnaires et ce qu'il défait dans l'identité du travail ; de la lecture du
SCUM Manifesto rythmée par la batterie de la machine à écrire (et les images de la télé en perspective) ; ou, enfin de l'intervention situ-féministe qui dérègle à jamais toute notion d'une "représentation féminine au sein d'un gouvernement patriarcal quel qu'il soit. Elle ne peut qu'incarner la condition féminine, oscillant entre la nécessité de plaire (féminisation-Maso) et le désir d'accéder au pouvoir (masculinasation-Miso)".

Autant de figures de libération, dans ces séquences où quelqu'un prend et trouve sa voix, où un visage surnage dans le grain des des signaux lumineux, proférant tout en délicatesse une formule cinglante : la video nous montre le processus et l'événement, ce qui se passe lorsque apparaissent ces sans-voix qui se mettent à dire le réel, ici caractérisé comme une parole en direct, live, vivante, brûlante.


Pour lire la suite de l'article, cliquez sur la photo de la première intervention du FHAR à une manif du 1er mai, dans Le F.H.A.R.

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Autres billets sur Carole Roussopoulos et sur La conspirations des oreilles bouchées
1/ La conspiration des oreilles bouchées – inceste 1988
2/ L'Inceste la conspiration des oreilles bouchées – CASB

3/ Hommage à Carole Roussopoulos
4/ Documentariste – le Monde – 28 octobre 2009
6/ Soirée d'hommage à Carole Roussopoulos – 22 janvier 2010
7/3 juin 2010 – Gaillac : film et débat sur l’inceste après le film : La conspiration des oreilles bouchées

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26 juillet 2010

3/ Terminologie - incestueur, incesté - par Sophie Perrin

page 2
Pour la terminologie, je m’inspire de l’ouvrage La violence impensable : « Pour plus de clarté, nous utilisons une terminologie qui précise les rôles de chacun à l’intérieur de la dictature familiale. En effet, le terme incestueux, selon le Petit Robert signifie à la fois « coupable d’inceste » et « issu d’un inceste », ce qui nous apparaît comme une confusion supplémentaire dans un domaine où la confusion est la règle pathogène première.
Dans les familles à transactions incestueuses, l’enfant incestueux est l’enfant né de l’inceste. Lorsqu’un enfant est victime d’inceste, nous le désignons comme enfant incesté ou abusé. » (p 105). Quant à l’auteur des abus, il sera dénommé « incesteur » ou « abuseur ».

Frédérique Gruyer, Martine Nisse, Pierre Sabourin, La violence impensable, inceste et maltraitance, Ed. Nathan, 2004
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Autres billets sur la thèse de Sophie Perrin
1/ L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne
2/ Les rôles de l'argent dans les viols par inceste par Sophie Perrin
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25 juillet 2010

2/ Les rôles de l'argent dans les viols par inceste par Sophie Perrin

Page 38
• Les multiples cadeaux et dons faits par l'incesteur
• La rétention monétaire par l’incesteur peut être quasiment sans failles et ainsi accroître l’isolement des enfants … et leur sentiment de ne « rien valoir ».
• Le premier accès à l’argent, ce sera via le premier travail
• L’argent peut servir à discriminer

« Si l’abuseur cherche à monnayer le plaisir qu’il prend avec sa victime, ce n’est pas seulement pour tenter l’enfant et le faire céder, mais aussi pour sceller un pacte de silence. Recevoir de l’argent ou un cadeau transforme l’enfant en complice et coupable, dans la mesure où il a accepté qu’on le dédommage de façon dérisoire pour le sacrifice dont il est l’objet. (…)

"Dix francs la passe, ce n’était pas cher payé", dit un homme abusé pendant de longues années par son oncle, à partir de l’âge de huit ans. Cet homme n’est pas devenu prostitué, mais son rapport à l’argent a été si perturbé qu’il est toujours dans l’incapacité, trente ans après les faits, de gagner sa vie. » (Gruyer-Nisse-Sabourin, 2004, p. 26)
Frédérique Gruyer, Martine Nisse, Pierre Sabourin, La violence impensable, inceste et maltraitance, Ed. Nathan, 2004
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Autres billets sur la thèse de Sophie Perrin
1/ L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne
3/ Terminologie - incestueur, incesté - par Sophie Perrin
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24 juillet 2010

1/ L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne par Sophie Perrin


L'inceste : anthropologie d'une entreprise de démolition systématique de la personne
Mémoire de master 1 anthropologie
Université de Lyon 2, 2008
Sous la direction de François Laplantine et Axel Guioux

Sophie Perrin
numéro d'étudiante : 2066287

Introduction : étudier l’inceste : quelques raisons d’un choix
I – Panorama et perspectives
1) L’inceste : un phénomène important mais peu connu
2) Les travaux existant en anthropologie sur ce sujet
3) Mon questionnement et ma problématique de départ
II-Méthodologie et questionnements que cela suscite pour l’anthropologie
1) De l’observation participante au récit
2) De l’objectivité aux points de vue
III-Obstacles et rencontres
1) Mes relations avec le terrain, et ses difficultés (parfois) surprenantes pour moi
a. Ma première difficulté : moi
b. Ma seconde difficulté : autour de moi
c. Ma troisième difficulté : des associations paradoxales, ou « l’anthropologue-victime d’inceste » comme étrangeté ?
d. Une dernière difficulté : la mise au secret des incesté/e/s par leurs proches
2) Présentation des personnes avec qui j’ai eu des entretiens
3) Le cadre et ses garant/e/s légitimes
4) Mais au fait … une étude non psychologique de l’inceste est-elle pertinente ?
IV-Décrire la démolition … et ses suites
1) La vie de famille : ouvrons la porte et allumons la lumière
a. « Hitler, je l'avais à la maison »
b. Les rôles de l’argent
c. Les rôles des mères : absence de recours et efficacité de la honte
2) Les incestées et les hommes … mais aussi les femmes, et les ami/e/s
3) Le rôle du travail
4) Incestées et psychothérapies
5) L’inceste : une frontière floue, une hiérarchie des abus ?
6) Victimes d’inceste et Justice
7) La parole et ses effets : généalogies de l’inceste 77
Conclusion
Annexes
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2/ Les rôles de l'argent dans les viols par inceste par Sophie Perrin
3/ Terminologie - incestueur, incesté - par Sophie Perrin
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23 juillet 2010

3/ Traumatisme psychique et stress par Michel de Clercq

Page 4
Le maître mot de la conception francophone est le traumatisme psychique, qu'il convient de différencier du stress.

Le traumatisme psychique
est un phénomène qui se déroule du sein du psychisme, sous l'impact d'un événement potentiellement traumatisant. Vécu dans la frayeur, l'horreur et le sentiment d'impuissance en conjoncture d'absence de secours, il ne se réduit pas seulement à sa composante énergétique d'effractions des défenses psychiques, mais il implique aussi une expérience de confrontation soudaine avec le réel de la mort
(notre propre mort ou la mort d'autrui), sans médiation du système signifiant qui dans la vie courante préserve le sujet de ce contact brut.

Le plus profond de cette expérience est l'aperception inopinée du néant, d'un néant redouté et chaque jour nié passionnément (car l'affirmation de toute existence et la foi en la vie se fonde sur la négation exorciste du néant), d'un néant dont chacun a l'entière certitude sans en avoir connaissance. Par là même, l'expérience traumatique renvoie à l'originaire, et elle laisse subsister derrière elle la fascination perplexe du retour des enfers qui caractérise le sujet traumatisé.

La pathogénie du traumas est donc non seulement celle d'un corps étranger ou "parasite" ayant fait effraction dans le psychisme et y provoquant de vains efforts d'expulsion, mais aussi celle d'un court-circuit dans le signifiant, avec irruption d'une expérience de mort, de néant et de non-sens dans une existence jusqu'alors sensée.

Tout autre est le mot stress, concept bio-physiologique approprié à décrire ce qui se passe dans l'organisme lorsque le sujet est soumis à une agression ou une menace. Promu dans les années 50 par le physiologiste canadien Hans Selye (1956) pour dénommer la réaction bio-physiologique d'alarme et de défense de l'organisme face à une agression, le concept de stress, que Selye avait appelé initialement syndrome général d'adaptation, désigne la réaction immédiate éphémère (de l'ordre d'une heure) correspondant aux décharges sanguines d'adrénaline et de cortisol qui mobilisent les effecteurs physiologiques et musculaires.

Et il s'agit d'une réaction adaptative, mettant l'organisme en capacité de défense. Ce n'est pas que s'il est trop intense, trop prolongé ou répété à de courts intervalles que le stress normal se mue en stress dépassé, sous ses formes sidérées, agitées, de fuite panique et d'action automatique.
Le stress a aussi son concomitant psychologique, qui était l'état d'alerte. Ce concomitant psychologique était bien connu des psychiatres militaires, tels Grinker et Spiegel qui, pendant la seconde guerre mondiale, avait utilisé le mot stress bien avant Seyle (1945).

Entre 1960 et 1980, Seyle développa le concept de stress au point d'en faire une philosophie : le stress devenait la réaction de l'individu à toute sollicitation ; il y avait les dis-stress, réponses aux agressions, et eu-stress, réponses aux événements heureux ou bénéfiques ; et les mécanismes bio-physiologiques qui régissaient les deux variétés étaient identiques.
De même, pour Seyle, le concept de stress ne devait plus être appliqué aux seuls événements exceptionnels, mais il était aussi le fait de toutes les sollicitations de la vie courante, le stress était " le sel de la vie", sans quoi l'homme n'aurait pas de goût à vivre.
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Autres billets sur le livre Les traumatismes psychiques par François Lebigot & Michel de Clercq
1/ Les traumatismes psychiques par François Lebigot & Michel de Clercq
2/ La pensée psychiatrique francophone face au concept américain d'état de stress post-traumatique par Michel de Clercq
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22 juillet 2010

Ne les abandonnez pas ! par Vergibération

Cette affiche, que je trouve cette année très percutante, joue sur l'ambiguïté du discours. Qui sera abandonné l'enfant ou le chien ?
pour lire le billet cliquez sur l'image.
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21 juillet 2010

Publication de la Ve édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) en mai 2013

Publication of the fifth edition of Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) in May 2013 will mark one the most anticipated events in the mental health field. As part of the development process, the preliminary draft revisions to the current diagnostic criteria for psychiatric diagnoses are now available for public review. We thank you for your interest in DSM-5 and hope that you use this opportunity not only to learn more about the proposed
Pour en lire plus et participer, cliquez sur le logo de DSM-5
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Les groupes de paroles par Catherine Morbois et Marie-France Casalis dans Psychothérapie des victimes

Page 203
Les obstacles et les contre-indications
Les éventuelles participantes
Les atteintes consécutives aux agressions sexuelles sont graves et profondes, particulièrement lorsqu'il s'agit de viols répétés perpétrés par le père, ou un membre de la famille, pendant des années, à l'encontre d'un enfant.
Pour surmonter ces années d'épreuve, les personnes qui y sont confrontées ont dû développer des mécanismes complexes. Ces processus peuvent devenir des handicaps pour une démarche collective où s'impose la nécessité de prendre l'autre en considération et de s'intéresser à sa démarche.


Des avancées récentes
L'existence et le développement de services médicojudiciaires habilités à recevoir les victimes d'agressions et de viols sont à l'origine des progrès qui se font jour actuellement.
L'intérêt majeur d'une prise en charge immédiate après l'agression a de plus été confirmé et largement médiatisée à partir des soins dispensés aux victimes d'attentats terroristes.
Alors que les psychiatres militaires ont été longtemps les seuls à développer des compétences adaptées à la prise en charge des effets des traumatismes, leurs savoirs sont désormais partagés par des praticiens engagés dans l'accueil des victimes de catastrophes, d'attentats étaient victimes de viols et autres agressions sexuelles.

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Autres billets sur Phychothérapie des victimes
1/ Psychothérapie des victimes : Traitements, évaluations, accompagnement. Gérard Lopez, Aurore Sabouraud-Séguin, Louis Jehel
2/ Le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" par Gérard Lopez & Arianne Casanova

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20 juillet 2010

Ecstasy Shows Promise in Relieving PTSD by John Cloud

By John Cloud Tuesday, Jul. 20, 2010

On July 19, the Journal of Psychopharmacology reported the results of the first randomized, controlled trial of ecstasy, which is known to chemists as 3,4-methylene dioxyme thamphetamine, or MDMA. The study's authors — led by Dr. Michael Mithoefer, a South Carolina psychiatrist — gave MDMA or a placebo to patients with posttraumatic stress disorder (PTSD) whose condition had not been alleviated by any standard combination of psychotherapy and antidepressants. The new paper showed that ecstasy is not only safe when administered in controlled settings but also remarkably effective in treating PTSD in conjunction with psychotherapy.

Given the controversial nature of their study, the authors write in an all-business tone — the word ecstasy does not appear anywhere in the article. They begin by noting that PTSD is a serious mental-health problem — it is diagnosed in roughly 8% of Americans and as many as 1 in 5 U.S. servicemen and women returning from Afghanistan and Iraq — and that we have little clue about how to treat it.
Read more:clic on Time
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19 juillet 2010

Marilyn Monroe accused Gobbard of sexual abuse & again by both of Brunings sons

Marylin was born in L.A. on June 1st 1926. She was named Norma Jeane Mortenson, but her mother baptized her as Norma Jean Baker because her father was never around.

Gladys was not able to take care of Marilyn because of economic and emotional problems, so she left her with her adoptive parents Albert and Ida Bolender, who lived in Hawthorne, California.

When Gladys solved her problems and bought a house of her own, she took back Norma Jeane, but after a few months she (Gladys), suffered a nervous breakdown and Norma was given to Grace McKee, her best friend. It was Grace who promoted the little girls interest for the movies and who pushed her to become an actress in the future.

Later in 1935 McKee married Ervin Silliman Goddard and moved to the US West Coast, so the girl was given to other family in custody. 2 years after her wedding, Grace took the girl back with her, but months later she again gave the custody of the girl to someone else, this time her uncle Olive Bruning, after the little girl accused Gobbard of sexual abuse. By the age of 12 the little girl was sexually abused again by both of Brunings sons.

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18 juillet 2010

Roman Polanski et la Justice avec un grand “J” par Jean-Pierre Rosenczveig

13 juillet 2010
La Suisse a donc refusé l’extradition du cinéaste aux USA quand la justice californienne le poursuit depuis 1977 pour des relations sexuelles imposées à une adolescente âgée alors d’à peine 13 ans. On sait que Roman Polanski a fui les USA en 1978 après avoir supporté quelques 42 jours de détention provisoire au cours de laquelle une expertise psychiatrique devait être pratiquée.

Il craignait que le juge ne revienne sur l’accord passé avec lui qui voulait qu’au final la peine couvre cette détention provisoire, ni plus, ni moins, quand la loi à l’époque prévoyait 50 ans d’emprisonnement pour les chefs initiaux de prévention (viol, sodomie, perversion, usage de drogues, etc.).

Le prévenu avait de quoi être inquiet tant il est vrai que le juge de l’époque – Laurence Rittenband –, ne cachait pas son intention de ”se faire” une célébrité. Sans compter la cabale anti-Polanski qui sévissait à l’époque aux USA !

Les magistrats californiens ont toujours refusé de juger Roman Polanski hors sa présence, et encore récemment. Ils en ont fait une question de principe. Ils ne veulent pas que la justice puisse être bafouée et que profitant de son aisance tel accusé puisse s’enfuir et être jugé sans se rendre devant les juges pour ensuite apprécier l’attitude à tenir.

Le juge d’alors est aujourd’hui décédé, mais surtout la peine encourue au regard des chefs d’accusation maintenus – on ne parle plus aujourd’hui que de relations sur mineure de 15 ans en oubliant les circonstances aggravantes – est tombée à deux ans d’emprisonnement. Pourtant, en connaissance de cause, Roman Polanski s’est toujours refusé à se rendre en Californie devant ses juges ; les nouveaux magistrats n’ont jamais abdiqué malgré le souhait de la victime de voir les poursuites cesser : elle a été indemnisée et surtout elle entend tourner la page.

A juste titre, les magistrats d’Outre Atlantique lui répondent qu’ici comme ailleurs la poursuite publique ne lui appartient pas. La victime peut veiller à l’enclencher si le parquet ne la juge pas opportune ; à l’inverse, si le parquet l’engage, la seule issue est le jugement : il s’agit de protéger la société (et donc de futures victimes) contre de tels actes, pas la victime passée qui elle dispose de la voie civile.

Il n’est pas inutile de rappeler cette donnée quand tant de grandes consciences prenant le parti du « génie » du cinéma trouvaient argument dans le fait que la victime réitère son souci de ne pas voir les poursuites prospérer.

Interpellé lors d’un en ième déplacement en Suisse, incarcéré près de 68 jours dans un lieu tenu secret, puis assigné à résidence à Gstaad à son domicile avec port d’un bracelet électronique pendant un peu plus de 7 mois, Roman Polanski semblait donc voué à l’extradition eu égard à l’accord existant entre la Suisse et les USA. Même Georges Kiejman, l’un de ses avocats, n’en revient pas d’avoir obtenu un refus d’extradition : « (Je suis) « heureusement surpris car la décision pouvait aller dans un sens ou dans un autre » (Le Monde 14 juillet 2010). Comment expliquer cette décision ”surprenante”?

Non pas par des arguments de fond du style Roman Polanski est innocent ou les faits sont trop anciens comme l’avancent un peu vite certains de ses défenseurs médiatiques zélés. L’argument est apparemment de procédure, mais comme souvent la procédure camoufle d’autres choses. Les autorités américaines n’auraient pas transmis aux Suisses le procès-verbal d’une audition en 1977 par le procureur Roger Guson qui s’engageait à ce que les 42 jours de détention provisoire seraient une peine butoir conformément à l’accord passé avec le juge Laurence Rittenband le 19 septembre 1977.

En d’autres termes, ne pouvant vérifier la réalité de l’accord passé, les autorités suisses estime que la procédure « souffre d’un vice grave » et doit donc « être rejetée ». Implicitement elle en déduit quand même que Roman Polanski dit la vérité sur cet accord et a bien eu raison de fuir.

Pour livre la suite de l'article, cliquez sur le logo du Juge des enfants


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17 juillet 2010

Faut-il punir moins sévèrement les délinquants dangereux mais perturbés ? par Michel Huyette

Samedi 17 juillet 2010
Par Michel Huyette
Parmi les règles de bases concernant la responsabilité pénale des personnes poursuivies pour avoir commis une infraction, il en est une que les étudiants en droit apprennent rapidement et qui est simple à exposer. Il s'agit de l'atténuation de responsabilité pour troubles mentaux. La règle est posée à l'article 122-1 du code pénal, qui est ainsi rédigé :

N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes.
La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes demeure punissable ; toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime."

C'est le second alinéa qui va nous retenir aujourd'hui. En effet la règle contenue dans le premier est claire et aisée à mettre en œuvre : quand un individu était au moment des faits atteint d'une perturbation mentale qui l'a totalement empêché de réaliser et de contrôler ce qu'il faisait, il ne peut pas être considéré comme pénalement responsable, car une telle responsabilité suppose d'avoir eu conscience d'enfreindre la loi et, au moins dans une certaine mesure, d'avoir eu le choix entre faire et ne pas faire.

La règle posée au second alinéa est plus complexe qu'une première lecture ne semble le montrer :
Le principe énoncé est le suivant : Si l'individu, sans être totalement inconscient de ce qu'il faisait, n'en était pas moins perturbé quand il a enfreint la loi, c'est à dire qu'il n'avait pas un parfait contrôle de lui-même, les juges doivent en tenir compte au moment de choisir la sanction à infliger.

Oui mais... en tenir compte... dans quel sens ? Deux attitudes sont possibles.
Pour lire la suite du billet, cliquez sur le logo de Paroles de Juges
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16 juillet 2010

INAVEM – Institut national d’aide aux victimes et de médiation

27, avenue Parmentier - 75011 Paris

L’Institut national d'aide aux victimes et de médiation (INAVEM), créé en 1986, est la Fédération nationale des associations d'aide aux victimes. Son objet est de promouvoir et de développer l'aide et l'assistance aux victimes, les pratiques de médiation et toute autre mesure contribuant à améliorer la reconnaissance des victimes.

150 associations fédérées au sein de l’INAVEM proposent une écoute privilégiée pour identifier l’ensemble des difficultés des victimes (sentiment d'isolement, souffrance psychologique, méconnaissance du droit...). Elles répondent à leurs besoins par :

  • une aide psychologique (choc émotionnel, stress post-traumatique...),
  • une information sur les droits (organisation judiciaire, procédures et systèmes d'indemnisation...),
  • un soutien dans les démarches (préparation aux expertises, audiences de jugement...),
  • un accompagnement social,
  • une orientation, si nécessaire, vers des services spécialisés (avocats, services sociaux et médico-psychologiques, assurances...).

Centre de formation continue depuis 1993, son activité s’adresse aux salariés et bénévoles des associations, mais aussi à de nombreux professionnels extérieurs au réseau (juristes, médecins, travailleurs sociaux...).
Une activité de téléphonie sociale est développée depuis 2001. Le 08VICTIMES (08 842 846 37) est la porte d’entrée nationale aux dispositifs d’aide de proximité et SOS Enfants Disparus (0810 012 014), en partenariat avec la Fondation pour l’enfance, permet de venir en aide aux familles concernées.

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de l'INAVEM

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12 juillet 2010

Violences sexistes du G20 : le comité jeunes féministe de la CLES réagit

Correspondante : Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES)
Publié le : 12/07/2010 à 16h02
Catégorie : Actualités - Canada

Montréal, le 12 juillet 2010

Le comité jeunes féministes de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) joint sa voix aux individuEs et groupes qui ont dénoncé la répression policière qui s’est traduite par des violations massives et arbitraires des libertés civiles les 26 et 27 juin derniers à Toronto. Alors que les dirigeants des pays les plus puissants de ce monde se réunissaient dans le cadre de la tenue du G 20, la Ville Reine a été le théâtre du plus grand nombre d’arrestations dans l’histoire du Canada.

Un nombre important de personnes ont été appréhendées sans motif raisonnable par les policiers durant ladite fin de semaine, leurs sacs fouillés, leurs infos personnelles notées et possiblement diffusée à travers les corps policiers du groupe intégré de sécurité. Plus de 1000 personnes ont été arrêtées, dont la majorité a été libérée sans accusation (parfois après plusieurs heures, voire des jours de détention). Toutefois, quelques centaines de personnes font face à des chefs d’accusation dont certains sont très graves comme les accusations de complot dans le but de commettre un acte criminel – sans toutefois spécifié lequel !

Les témoignages des personnes appréhendées et des témoins sont unanimes et on-ne-peut-plus choquants. Les exemples de violation des droits humains les plus fondamentaux sont nombreux : intimidation, harcèlement, arrestations arbitraires, raids dans des résidences privées et lieux d’hébergement, kidnappings, conditions de détentions inhumaines (privation d’eau, de nourriture, de sommeil, de vêtements chauds, de liberté de mouvements élémentaires), vols de bien, fouilles à nu, humiliation, sévices physiques et psychologiques. Nous dénonçons ces actes ignobles perpétrés en toute impunité par les forces de l’ordre et financés à même les poches des contribuables (près d’un milliard de dollars).

Plus spécifiquement, nous tenons à dénoncer haut et fort les violences ‘genrées’ dont les femmes ont été victimes. Bon nombre des arrêtées ont rapporté avoir été la cible de propos et comportements sexistes allant du harcèlement sexuel aux menaces de viols collectifs en passant par des fouilles à nu sous les regards obscènes des agents masculins et la contrainte de faire ses besoins personnels dans une toilette sans porte à la vue de touTEs, y compris des gardiens. De plus, nous savons qu’au moins une femme a été victime d'une agression sexuelle par un agent dans un des centres de détention.

Encore une fois, les femmes sont parmi les premières victimes de la violence et font les frais d’un système patriarcal et capitaliste corrompu. Avec ses politiques qui visent à museler la parole des femmes et bafouer leurs droits (notamment en ce qui concerne le droit à l’avortement), le gouvernement fédéral de Stephen Harper nous a prouvé encore un fois qu’il est près à aller loin, très loin, pour faire reculer les droits humains, et ceux des personnes les plus vulnérables en particulier.

Par ailleurs, les témoignages révèlent également que la moyenne d’âge des personnes arrêtées était de 20 ans. De plus, les forces policières ont visé plus particulièrement, non seulement les femmes, mais également les personnes homosexuelles, les francophones, les personnes non-blanches, les personnes plus ‘marginalisées’ et les personnes handicapées. Nous déplorons ces violences gratuites et inadmissibles de l’État contre les personnes davantage discriminées dans la société.

Parce que ces événements sont révoltants, parce qu’ils sont contraires à la Chartre des droits et libertés, parce qu’ils sont antidémocratiques, parce qu’ils briment la liberté d’expression et parce que les responsables ne peuvent demeurer impunis, le comité jeunes féministes de la CLES appuie la demande de la section canadienne d’Amnistie internationale et de la Ligue des droits et libertés pour une enquête publique indépendante sur les mesures de sécurité entourant le G20.

Pour lire la suite du billet, cliquez sur le logo de @net femmes

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10 juillet 2010

10 juillet 2010 - Une nouvelle loi sur la protection contre les violences dans le couple et la protection des enfants par Michel Huyette

La justice des mineurs
Réflexions et débats autour de la justice civile et pénale des mineurs
Mises à jour du Guide de la protection judiciaire de l'enfant

Au journal officiel du 10 juillet 2010 est publiée une loi du 9 juillet "relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants".

.../...
L'idée première est de permettre au juge aux affaires familiales (JAF), "Lorsque les violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin mettent en danger la personne qui en est victime, un ou plusieurs enfants", de prendre une "ordonnance de protection".

Après avoir entendu les intéressés (personne qui le saisit et personne soupçonnée de violences), s'il estime "au vu des éléments produits devant lui et contradictoirement débattus, qu'il existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des faits de violence allégués et le danger auquel la victime est exposée", le JAF peut prendre toute une série de dispositions protectrices.
.../...

Le JAF peut, notamment, interdire au défendeur (l'auteur supposé des violences) de rencontrer certaines personnes désignées, lui interdire de porter une arme, statuer sur la résidence séparée, attribuer l'usage du logement à celui qui n'est pas auteur des violences, autoriser la victime à ne pas faire connaître son nouveau domicile (l'adresse mentionnée sur les actes est alors celle de l'avocat).
Pour lire le billet, cliquez sur le titre
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2 juillet 2010

1 juillet 2010

1/ Les débuts de l'affaire d'Outreau par Pierre Joxe

N°15
Juillet 2010
Pierre Joxe : L'affaire d'Outreau et les enfants
Les enfants d'Outreau
C'est dans ce cadre juridique protecteur des enfants que l'affaire a commencé, à Outreau, 
petite commune du Pas-de-Calais, faubourg 
industriel de Boulogne-sur-Mer.
En 1995, il y a 15 ans déjà, l'un des enfants dont on parlera dans l'affaire dite « affaire d'Outreau » 
fut « placé » en famille d'accueil dans la région, 
par décision d'un juge des enfants. Il s'agissait 
du petit X… Delay.
Cinq ans plus tard, le 25 février 2000, un autre 
juge des enfants « place » les trois autres enfants Delay.
Ces deux juges pour enfants prirent des mesures protectrices envers les enfants de cette famille-là. Les deux juges d'instruction qui assumèrent l'un après l'autre la suite de l'affaire étaient de 
jeunes magistrats, tous deux débutants : Fabrice 
Burgaud arriva à Boulogne le 1er septembre 2000, dès sa sortie de l'École Nationale de la Magistrature (ENM), pour y être immédiatement 
nommé juge d'instruction, comme son successeur Cyril Lacombe, sorti de la même école le 1er septembre 2002 et nommé au même poste pour 
remplacer Burgaud, nommé à Paris… Sans qu'on 
leur organise même une seule semaine de travail en commun.
Cette précision fait écho à l'observation judicieuse, dans ce même numéro, d'un Conseiller d'État 
sur les « sortis d'école » (cf. page 33 « Sur l'École 
Nationale de la Magistrature (ENM) », par C. Vigouroux).
Il est utile de savoir que ces deux décisions de placement par les juges des enfants faisaient 
suite à des rapports alarmants de la Direction de l'Enfance et de la Famille (DEF) du Conseil général du Pas-de-Calais. Dans un premier temps, seuls l'alcoolisme et le délaissement par les 
parents étaient allégués. Mais un nouveau rapport de la même DEF, daté du 5 décembre 2000 
et faisant état de suspicion de maltraitances sexuelles sur enfants, adressé simultanément – comme la loi le prescrit – au Procureur de la République et au Juge des enfants, déclencha deux procédures distinctes :
– une procédure civile, concernant le juge des enfants qui devait statuer sur une demande de 
droit de visite et d'hébergement relative aux enfants Delay alors « placés » dans d'autres 
familles par mesure de protection. Ce juge des enfants refusa que les enfants retournent chez 
leurs parents pour les congés de Noël ;
– une procédure pénale, l'enquête préliminaire confiée par le parquet aux services de police de 
Boulogne et suivie le 22 février 2001 d'un réquisitoire introductif saisissant un juge d'instruction.
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